Des savantes aux calculatrices

Être mathématicienne, de métier ou de passion, recouvre de nombreuses stratégies, divers parcours, avec parfois un peu de reconnaissance de la part des institutions et du monde savant, mais souvent dans une pénombre où il est intéressant de s’engouffrer pour comprendre quelles étaient les différentes facettes de la pratique des mathématiques au féminin.
Face à une science aux mains des hommes, certaines femmes ont ainsi répondu aux espaces qu’on leur laissait en mathématiques. D’autres ont voulu les conquérir de façon encore plus affirmée. Mais l’idée de la « femme savante » est un écueil à éviter car la société se gausse de cette figure qui n’a pas lieu d’être.

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Plus nombreuses qu'on ne l'imagine

Anne Boyé et Antoine Houlou-Garcia
Si l’on vous demande de citer des noms de femmes scientifiques, vous penserez probablement à Marie Curie. Et vous aurez du mal à en trouver d’autres, à moins d’avoir conscience du problème de l’effacement des savantes de l’histoire des sciences.


L’histoire des mathématiques s’écrit presque exclusivement au masculin. Pourtant, de nombreuses mathématiciennes ont existé : non seulement les grands noms, mais aussi beaucoup de noms effacés par l’histoire. Grace Chisholm est par exemple un cas frappant de ce que l’on nomme l’effet Matilda.


Si la représentation allégorique des mathématiques se fait toujours par des figures féminines, la réalité médiévale ne permet qu’à très peu de femmes de s’y adonner : quelques religieuses et femmes de haut rang, comme une veuve florentine qui reprend l’école d’abaque de son mari en 1330.


Identifier et classer la diversité des activités des femmes versées dans les sciences permet de mieux comprendre leurs rôles. Il existe ainsi plusieurs types de savantes : des philosophes naturelles (au sens de Newton), des techniciennes, des intendantes scientifiques, des écolières, des traductrices, des salonnières, etc.


Contrairement à ce que l’on imagine aujourd’hui, un certain nombre de savantes ont été rétribuées pour leur travail, parfois même honorées d’une place de correspondante voire de membre d’académies savantes. La communauté scientifique savait ce qu’elle leur devait et on peut retracer leurs différents profils.


Sophie Germain et son double

Antoine Houlou-Garcia
L’usage d’un pseudonyme masculin est une chose qui devient fréquente à partir de la Révolution. C’est la stratégie adoptée par Sophie Germain dont on fête cette année le 250e anniversaire. Sa correspondance avec Gauss, où elle finit par avouer son identité, montre l’admiration d’autant plus grande qu’elle suscite.


Les calculatrices entrent massivement dans l’astronomie française dans les années 1880 mais il faut attendre 1908 et la réforme du parcours type des astronomes pour que des femmes prennent le chemin d’une carrière professionnelle d’astronome, dans le sillage d’Edmée Chandon.


En bref : Sofia Kovalevskaïa et bien d’autres

Antoine Houlou-Garcia

Si Tangente vous propose un hors-série entièrement consacré aux mathématiciennes, ce n’est pas la première fois que nous vous invitons à mieux les connaître.



En bref : 1897 : le manifeste de Felix Klein

Antoine Houlou-Garcia

Felix Klein signe un manifeste féministe en 1897, dont la lecture est encore, malheureusement, utile aujourd’hui, pour ceux qui voient les mathématiques comme une discipline naturellement masculine.



En bref : Au moins deux savantes en pays d’Islam

Antoine Houlou-Garcia

Le Moyen Âge est avare de femmes mathématiciennes, du moins dont on sache le nom. En pays d’Islam, au moins deux noms existent : al-΄Ijlīyah et Lubna de Cordoue.



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